Conjoncture financière à fin juin 2019

Des banquiers centraux sous pression.

Dans l’attente d’un sursaut d’inflation qui viendrait mettre un terme aux polémiques sur l’action des banquiers centraux, ces derniers, de toute part, sont sous pression.

 

C’est très visiblement le cas du côté américain de l’Atlantique où il ne se passe pas un jour sans que le Président Trump ne reproche à celui de la Banque Centrale son inaction face à une croissance qu’il souhaiterait plus vigoureuse. Si Mr Powell a admis que la conjoncture économique et les conséquences du conflit commercial avec ses partenaires pouvaient peser sur la dynamique américaine, il est aussi très attentif aux indicateurs du marché du travail qui ne justifient pas encore un assouplissement monétaire. En zone euro, Mr Draghi qui quittera ses fonctions en fin d’année pour laisser sa place à la Présidente du FMI, Mme Lagarde, poursuit une politique de communication qui lui a été très utile au moment de la crise de la dette. Il prépare le terrain pour éviter, si nécessaire, un atterrissage de l’économie qui pourrait devenir préjudiciable à l’activité dans l’Union.

 

Du côté américain, le président de la Fed a pourtant décidé une détente de 25 points de ses taux d’intervention. Son message auprès du Congrès est prudent et n’anticipe pas encore un cycle de baisse plus prononcé. L’inflation reste inférieure à l’objectif de la Banque Centrale mais ne justifie pas plus d’empressement de la part des autorités monétaires.

En zone euro, la Banque Centrale scrute tous les indicateurs qui pourraient la conduire à assouplir un peu plus sa politique. Les outils à sa disposition sont nombreux mais à nouveau très peu conventionnels dans la mesure où ses taux d’intérêt sont déjà en territoire négatif. Il n’est pourtant pas exclu qu’elle les réduise encore. Pour l’instant le Président de la BCE se veut rassurant sur la capacité de la politique monétaire à soutenir l’activité… en cas de besoin.

 

Alors que les taux d’intérêt restent faibles, les banquiers centraux sont confrontés à de multiples pressions, qu’elles soient conjoncturelles ou politiques, pour apporter des réponses qui ne passent peut-être pas seulement par l’arme monétaire. Les Etats possèdent aussi une palette d’instruments budgétaires qui pourraient soulager quelque peu ces pressions.

 

Brigitte Troquier – Economiste BRED Banque Populaire

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